Et la Fraternité, bordel !

Une drôle d’époque que celle que nous vivons.

Chacun y va de son diagnostic et pourtant personne ne semble trouver de solution.

Les fins de discussions se finissent souvent par un « D’accord mais après .. on fait quoi ? ». Question qui amène souvent à cette réponse « C’est compliqué ».

Les uns proposent la décroissance, d’autres la collapsologie, d’autres encore l’abolition du capitalisme et d’autres encore, le repli sur soi. Un florilège de solutions simplistes qui n’en sont pas.

Se pourrait il que nous soyons condamnés à errer de constats en constats sans jamais entrevoir ne serait ce que l’once d’une solution, passant d’une impasse à une autre ? Notre société, et plus particulièrement notre nation serait elle condamnée à assister impuissant à la montée en puissance de la défiance, à l’irruption de la violence, à la désagrégation de ce qui fonde nation et république ?

L’érosion de notre cohésion est manifeste et parfois (trop souvent même) alimentée par des élus qui pourtant ont le rôle et la responsabilité d’être les gardiens de la concorde nationale.

L’histoire a montré que les causes des crises sont souvent multiples. On peut dés lors penser que les remèdes seront eux aussi pluriels.

Seulement voilà, nous en sommes trop souvent réduit à attendre la personne providentielle qui a elle seule, et seulement par sa présence, permettra à notre société de surmonter ses maux, ses crises. C’est pourtant oublier que la personne providentielle n’existe pas. Et fort heureusement ! Cela laisse encore et toujours le champ libre à l’addition des forces individuelles que nous sommes les uns et les autres et à un potentiel infini de regroupement en collectifs aussi divers que variés.

Face au mal qui ronge progressivement nos démocratie et laisse ainsi peu à peu la place aux discours simplistes et populistes, face à cette fissuration des communautés entretenue par certains « aux petits pieds » pour des visées électoralistes de court terme, il importe de rappeler avec urgence les valeurs de la citoyenneté que sont le civisme, la civilité et la solidarité.

Et qui mieux que le monde associatif permet d’être à la fois l’artisan et le ciment de cette citoyenneté ? Il faut dés lors redonner des moyens concret à l’acte de bénévolat et recoudre le lien d’une citoyenneté active. Nous sommes en effet chacun une partie de la solution.

Les associations jouent en effet un rôle considérable dans le maintien de la cohésion et du lien social. Il y a plus de 20 millions de français et françaises regroupés au sein d’associations se déclarant bénévoles. En France, le nombre d’associations recensé par l’INJEP est d’environ 1,50 millions. Ce sont 1,8 millions d’emplois concernés. Entre 2011 et 2017 se sont crée plus de 25 000 associations par an. Ce chiffre ne fait que démontrer la vitalité du tissu associatif et sa nécessité.

Assister à une distribution organisée par des associations caritatives (restos du cœur, Petits frères des pauvres, etc..) permet instantannément de prendre la mesure du désastre humain qui s’ensuivrait si ces associations n’existaient plus.

De même, il convient de prendre la mesure de l’importance des associations d’aides au devoirs, de sports, de loisirs et d’arts créatif etc. Ces associations regroupent des millions de bénévoles qui concourent quotidiennement à forger des citoyens par l’apprentissage de la solidarité, de la civilité, du partage et de l’entre aide, c’est-à-dire de la citoyenneté.

le copain Karim, animateur à ACEM quartier Branly Boissière.

C’est pas beau cette joie des enfants ?

La crise sanitaire a mis un coup d’arrêt au déploiement de bon nombre de décisions politiques. Des mesures de crises et d’urgence ont légitimement été prises. Puisse venir le temps où, au sortir de cette crise, une politique dotée de moyens soit relancée pour le secteur associatif. Aux côtés de l’Etat, les communes ont aussi un rôle à jouer par le biais des subventions pour consolider l’action associative. Au sortir de cette crise, des moyens importants seront à envisager à destination des associations.

La complexité des des organisations et des circuits de décisions, alliée à la disparation progressive de la puissance publique dans certains quartiers, a progressivement rendu vital la présence des associations, ces organisations à hauteur d’hommes et de femmes. Le rôle des associations en faveur de l’insertion, de l’accompagnement des personnes isolées, des personnes handicapées etc n’en a été alors rendu que plus nécessaire.

Notre modèle de société ne sera préservé que si et seulement si la fraternité est renforcée.

Et qui mieux que les associations est le vecteur de cette fraternité ?

En renforçant et donnant à la fraternité les moyens d’agir, ce sont tous les maillons de la chaîne de solidarité qui seront renforcés, seule levier capable de de lutter contre la violence sociale, la précarité et l’exclusion. Le pilier républicain de la fraternité n’est pas des moindre car sans fraternité, point de liberté et point d’égalité.

A la question « on fait quoi ? », Il existe déjà une solution. Celle qui consiste à s’engager individuellement en venant apporter sa pierre à l’édifice collectif. C’est peut être ainsi que progressivement, les uns à côté des autres, nous serons capables de résister. Non pas seulement pour nous, mais aussi pour les autres .. les plus fragiles, les plus précaires, les plus exclus.

Lien vers le site associations Ville de Montreuil : https://www.montreuil.fr/vie-associative/annuaire-des-associations

Branly Boissière, mon quartier, mes racines

L’usage du mot Boissière est très courant en France, notamment en Languedoc et en Normandie, c’est un toponyme désignant un lieu abondant en buis. … C’est un toponyme désignant une élévation de terrain, une petite colline (dérivé de l’occitan bonha = bosse).

Appellation pertinente pour ce quartier dont le point le plus haut culmine à 66m d’altitude.

L’autre partie du nom de ce quartier reste plus floue. Sans doute héritée du célèbre Physicien Edouard Branly qui n’est autre que l’inventeur de la TSF. En tout cas, je peux témoigner qu’en 1916 lors de l’installation de mes arrières grands parents à Montreuil, la rue Edouard Branly existait déjà.

L’histoire (bien modeste) de la famille MONTARON à Montreuil débute vers 1916-20, , lorsque Pierre MONTARON, agriculteur en Bourgogne arrive à Montreuil, contraint de partir de sa région natale à cause du chômage et de la crise économique qui suivie la fin de la première guerre mondiale. La famille MONTARON sans nul doute originaire dans des temps reculés de la commune MONTARON dans la Nièvre.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Montaron

C’est sur Montreuil, lors d’un bal populaire guinguette qu’il rencontre Léonie Hortense MOLECOT elle même née à Anost en Saöne et Loire en 1891. Ils décident de se marier au début du 20ème siècle et ont un fils Marcel (mon grand père paternel).

L’histoire de la famille est on peut le constater très intimement liée à la Bourgogne et au terroir Français. Est ce bien ? est ce mal ? en tout cas c’est ainsi.

Ensemble, ils font l’acquisition d’un bout de parcelle rue Edouard Branly (cadastrée E123 cis 204 rue Branly actuellement mais dénommé rue Boissière en 1926) et se lance dans la construction de ce qui devait être une partie de la maison familiale d’aujourd’hui.

Il font plus tard en 1945 l’acquisition de la parcelle mitoyenne E143 auprès de Louis Charles VOLIET.

C’est lorsque Marcel Emile MONTARON, le seul fils de Pierre et Léonie, construit une extension sur la côté sud dans les années 40-50, que la maison prend sa configuration actuelle et que le regroupement des parcelles prend le numéro 202 bis.

Marcel MONTARON ayant rencontré Lucie MONFORT dans les années 30, ils décidèrent de leur union en 1932 à l’église de Saint Maurice de la Boissière.

Eglise Saint Maurice de la Boissière vers …….. 1940 ?

Plus tard, Lucie posséda même une épicerie au coin de la rue Branly et du Boulevard de la Boissière dans les années 50/60. Mon grand père, Pierre étant peintre en bâtiment. Autant vous dire que les frigos étaient souvent vides au milieu du mois.

Echoppe de ma grand mère Lucie MONTFORT au 210 Bld Boissière
le 210 Bld Boissière en 2020

Pour poursuivre rapidement, c’est en 1941 que nait mon Oncle Jean Paul et en 1946 que nait mon père Christian.

En 1968, au décès de ma grand mère paternel Lucie MONTARON née MONFORT, mon père Christian et mon oncle Jean Paul (lui même décédé en 2016) héritent de l’ensemble des biens.

Une histoire pas simple non plus faite de privations. en effet, au décès de mon grand père (Marcel) en 1955, mon oncle Jean Paul – alors âgé de 14 ans – devient soutien de famille et doit alors arrêter ses études pour aller travailler et subvenir au besoin du foyer constitué alors par ma grand mère Lucie et mon père Christian (alors âgé de 6 ans). De même, après son certificat d’étude, à l’âge de 14 ans, mon père Christian doit lui même travailler pour subvenir aux besoins du foyer. Des destins brisés pour des enfants pourtant brillants qui étaient inscrits à l’école Boissière. Toute sa vie, mon père gardera profonde cette blessure provoquée par l’injustice de la vie, lui pourtant si brillant à l’école et destiné aux études supérieures, et malgré tout obligé d’arrêter l’école.

L’histoire continue aujourd’hui puisque moi même je suis né le 15 septembre 1975 à l’hôpital André Grégoire et ai toujours vécu au 202 bis Branly qui accueille aujourd’hui mes 3 enfants.

Cinq générations de MONTARON peuple donc depuis 1926 le 202 bis rue Branly.

Entendons nous bien, cela ne fait pas de moi « un meilleur montreuillois » que d’autres. Non, mais cela fait fait de moi un montreuillois attaché à sa commune ne serait ce que parce qu’une partie de l’histoire de ma famille réside à Montreuil.

cartes municipalités communistes années 40/50

Mes racines sont à Montreuil vous l’aurez compris. Des racines à la fois paysannes, ouvrières et urbaines. Vous l’aurez compris je ne suis pas né avec une cuillère en argent. (Je dois même préciser que je suis le seul MONTARON à avoir eu son bac et à avoir fait des études supérieures).

Voilà une partie de mon histoire (l’autre partie de ma famille, du côté de ma mère étant un héritage différent puisqu’il s’agit d’une famille « Pieds noirs » …. un autre pan de l’histoire de france …).

Ce mélange de deux terroirs Français qui ont au cours de l’histoire de France souvent marqué leur indépendance à la couronne royale d’alors. Peut être est ce de là que vient mon caractère ?

Mais surtout, et plus sérieusement, je me plais à rappeler que moi même finalement je suis le produit d’une certaine forme d’immigration francilienne. Car n’oublions qu’avant guerre et un peu après, Paris et sa banlieue fut aussi peuplée grâce à l’arrivée de ces provinciaux obligés de quitter leur terre natale à cause du chômage.

Je suis donc un héritier de de cette France laborieuse, paysanne et ouvrière à la fois, laïque et socialiste par mon arrière grand père Pierre et bigote par ma grand mère Lucie bretonne de naissance. J’aime faire référence à Don Camillo et Peponne lorsque je pense à cette France d’avant.

« Cette France du granit qui produit le curé et cette France du calcaire qui produit l’instituteur ».

Pourquoi avoir saisi ces quelques mots ? Sans nul doute pour rendre hommage à la mémoire de mes aïeuls et tenter de contribuer à ce qu’elle ne s’efface pas.

D’où que nous venons nous ne devons jamais oublier nos racines car ce sont elles qui font ce que nous sommes.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑