Blog

Retrouver un cap collectif

Alors même que la concorde et la solidarité nationale s’imposeraient de manière évidente, on ne compte plus les responsables politiques qui, entre colère feinte, critique systématique, instrumentalisation et postures, alimentent sans cesse la défiance des électeurs à l’égard de la politique tout en croyant tirer des bénéfices électoraux à court terme. Nos gouvernants gèrent comme ils peuvent la crise sanitaire pendant que les oppositions gèrent les polémiques.

D’un côté les pompiers sanitaires, de l’autre, les populistes sanitaires. Ainsi s’ouvre malheureusement la période pré électorale sur fond de crise pandémique mondiale.

Le marketing étant devenu pour beaucoup l’alpha et l’oméga de la politique, les médias sont remplis de mauvais acteurs de série B. De leurs côtés, les « Géo trouvetout », bonimenteurs et autres prédicateurs du « monde d’après » – apparus de-ci-de-là tels des bourgeons avec le confinement du printemps 2020 – se font de plus en plus discrets.

Non contents d’alimenter des polémiques, certains responsables politiques colportent sur les plateaux télé des « fake news » aussi grosses que sont leurs responsabilités. Mensonge, instrumentalisation, incompétence ? … Sans doute tout à la fois.

Mais, en tout état de cause, leurs propos et postures écornent encore un peu plus la démocratie et  contribuent encore un peu plus à creuser profondément la défiance des citoyens vis-à-vis de la politique.

Mais, ne nous y trompons pas, la vie politique française n’est pas seulement constituée par, d’un côté, ceux qui nous gouvernent et, de l’autre, les oppositions. Oppositions qui se cantonnent désormais à susciter l’échec en espérant en tirer profits avec pour seule ligne de mire la fabrication de la prochaine polémique. Entre les deux, il y a cette majorité écrasante de françaises et de français, accaparée par la vie quotidienne, est surtout focalisée par les fins de mois qui est finalement de moins en moins intéressée (voire de plus en plus exaspérée) par cette petites phrases, ces postures, ces coups d’éclat médiatiques, ces controverses et polémiques en tout genre.

Travailler, se loger, se nourrir, éduquer leurs enfants…. voilà les préoccupations de cette majorité de français, qui se tient loin du tintamarre ambiant sans pour autant être ni sourde ni aveugle au triste et affligeant spectacle auquel on assiste dans notre démocratie.

La crise sanitaire a accéléré le déclassement des plus fragiles et des plus démunis. La dégradation des revenus est la plus forte chez les ménages aux revenus les plus faibles. Additionné à cette crise économique, le décrochage scolaire est aussi le plus important dans les milieux défavorisés. Aux 9 millions de citoyens dont les revenus étaient déjà sous le seuil de pauvreté, 1 million de plus est venu s’y ajouter. Et combien encore malheureusement dans les prochains mois ?

Les plus exposés, les plus précaires et les plus fragiles sont invariablement ceux qui subissent le plus la crise de plein fouet.

Depuis le début de cette pandémie, l’Etat a su se montrer fidèle à notre modèle social, il n’en demeure pas moins que la complexité des circuits d’élaboration et de décision liés aux financement des dispositifs de protections sociale est une réalité qui a retardé la mise en place effective de notre modèle républicain. 

Le revenu universel semble dés lors pouvoir constituer un pilier complémentaire efficace pour tenir les promesses d’égalité de fraternité de notre devise républicaine. Le caractère automatique du revenu universel peut en effet constituer un filet automatique de protection permettant d’éviter une chute brutale des revenus et son universalité permettrait de protéger tout les catégories de populations (étudiant, professions libérales, intermittents du spectacles, etc.).

Modes de financement, public concerné etc. sont autant d’aspects et de modalités à discuter mais le sujet mérite d’être mis sur la table.

La crise sanitaire et ses périodes de confinement a aussi profondément modifié pour bon nombre de salariés ou d’entrepreneurs le rapport au travail. D’un management fondé sur la commande et le contrôle, par la force des choses, dans beaucoup de secteurs nous sommes passés à un management fondé sur l’autonomisation et la confiance par le biais du télétravail.

Bien évidement, pour des raisons personnelles ou liées à leur activité, le télétravail n’est pas LA solution miracle pour tous les actifs. Mais en même temps, beaucoup de salariés y ont vu un bénéfice pour leur qualité de vie au quotidien ne serait ce notamment par la diminution des temps de transports. Le nombre « idéal » de journées télétravaillées a augmenté de 1 journée avant le confinement à 2 jours selon un récent sondage. La notion Travail ne doit donc plus être considérée comme un débat d’experts à renfort de tableaux incompréhensibles ou une question idéologique ou une question ramenée sans cesse à sa durée.

Les évolutions de ces quarante dernières années (diminution du temps de travail hebdomadaire, allongement de la durée de cotisation, augmentation de la durée de vie, télétravail, mutation des secteurs d’activités etc.) démontrent que le travail est avant tout une question sociétale qui mériterait une nouvelle vision prenant notamment en compte un équilibre entre vie privée et vie profesionnelle. 

L’heure n’est donc pas aux propositions idéologiques teintées de souverainisme, ni aux propositions toutes plus chimériques et disruptives les unes que les autres, ni aux pantalonnades des indignés permanents.

En ces temps de tempête sanitaire, sociale et économique, l’heure est plus que jamais à la construction de propositions qui intègrent les réalités de notre société actuelle, qui répondent aux besoins de millions de nos concitoyens et qui soient capables de retrouver un cap collectif à notre modèle social, démocratique et républicain.

Il n’y a point de liberté et d’égalité sans fraternité

La fraternité apparait aujourd’hui comme portion congrue aux yeux de l’opinion publique malgré quelques sursauts de ferveurs collectives comme ceux suite à l’assassinat de Samuel Paty, la commération du massacre de l’équipe de Charlie Hebdo ou encore les attentats antisémites de l’hyper cacher.

La moitié des français placent la liberté comme le terme le plus important à leurs yeux, un tiers l’égalité et enfin seulement un français sur dix estime que la fraternité est essentielle.

Et pourtant, la devise inscrite aux frontons de notre République n’est pas écrite verticalement, ce qui pourrait laisser supposer une hierarchie, …. mais horizontalement, mettant ainsi au même niveau ces trois valeurs et principes.

La fraternité apparait dés 1793 sur le fronton de l’hôtel de Ville, imposée par la Commune « La république une et indivisible – Liberté, Egalité, Fraternité ou la mort ». Ce n’est pourtant qu’en 1848 sous la deuxième république que la Fraternité associé à la devis Liberté, Egalité s’impose dans la constitution pour être effacée par le retours du Second Empire et revenir de manière stable sous la troisième République en 1880 et être inscrite durablement par la Constitution de 1946.

Ce fut le terme le plus délicat à intégrer au tryptique fondamental de notre République tant les interprétations et origines de ce terme furent multiples.

Cette valeur est aussi définitivement ancrée dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres en esprit de fraternité »

En 2018, le Conseil Constitutionnel français reconnait le troisième terme de la devise républicaine comme principe à valeur constitutionelle.

Contrairement, ou plutôt de manière complémentaire à la Liberté et à l’Egalité, la Fraternité est une obligation morale et non une obligation légale.

Edgar Morin disait : « la liberté peut être instituée. L’égalité peut être imposée. Mais la fraternité ne s’établit pas par une loi, ni ne s’impose par l’État ! »

La Fraternité n’a pas force de loi et n’est pas non plus un acte spontané.

Néanmoins notre République porte en elle ce projet d’union nécessaire entre les être humains, pré requis aux valeurs de respect, de tolérance et de solidarité innérentes à la paix de notre communauté.

L’égalité, si imparfaite voir parfois impossible soit elle, est néanmoins nécessaire car une société inégalitaire est vouée aux tensions et entraine un sentiment d’injustice. L’égalité c’est d’abord être égaux en droits et en devoirs, ce qui permet la liberté. C’est aussi d’égalité des chances dont il est question : chacun est différent, mais le système doit offrir à tous les mêmes chances de réussite.

Néanmoins, on sent bien qu’un excès d’égalité qui se fonderait dans une recherche d’uniformité nuirait à la liberté. Le meilleur exemple n’est il pas celui des anciens régimes derrière le rideau de fer ?

A l’inverse, la liberté menée jusqu’à l’individualisme mène invariablement à un creusement des inégalités comme nous le constatons dans les sociétés ou règne le libéralisme. Pour employer les mots de Paul Bert, l’excès de liberté conduit à l’égoïsme. Nous pourrions ajouter que l’excès d’égalité mène à l’égalitarisme donc à la privation de la liberté dont la première possibilité est d’être ce que nous sommes, ce qui nous défini comme être unique.

Il revient alors à la Fraternité de constituer ce lien d’équilibre entre liberté et égalité, de les réconcilier tout en les mettant dans une même perspective afin de préserver le contrat social de notre République.

La fraternité englobe mais dépasse dans sa valeur universaliste et humaniste la notion de solidarité qui elle, a pour objet de réduire les inégalités. Une société fraternelle est une société ou chacun prend soin de l’autre, de tout autre.

La fraternité implique donc un contact immédiat avec les personnes, la reconnaissance de l’autre qu’il soit différent de moi ou égal à moi. Différent parce que chacun est unique. Égal parce qu’au fond nous sommes toutes et tous de la même famille : l’humanité.

Ne soyons pas naïfs non plus pour autant. Nous voyons effectivement que dans beaucoup de pays les libertés reculent, les inégalités se creusent et la fraternité recule.

Nos société démocratiques ne sont pas non plus épargnées. Sur fonde crise sanitaire mondiale, en France, pas un jour ne se passe sans qu’une polémique ne surgisse, savament entretenue par certains médias ou responsables politiques.

La radicalité devient même parfois de plus en plus le champ d’expression supplantant le débat démocratique. Le discours de la rupture est mis au premier plan par des responsables politiques. Un processus de radicalisation de la vie et de l’action politique entrainant inévitablement une fragmentation communautaire, s’installe progressivement au détriment du débat.

Or la radicalisation est l’ennemi de la fraternité dans le sens où elle pose en postulat que la différence doit être envisagée comme une rupture et un affrontement.

La radicalité c’est l’exact opposé de la capacité à se mettre à la place de l’autre, à considérer l’avis de l’autre non pas comme adverse mais mais complémentaire. C’est l’opposé de la Fraternité.

Car c’est bien cette capacité à se mettre à la place de l’autre qui est le moteur de la compréhension, de la bienveillance et de l’apaisement.

Refusons que la Fraternité soit reléguée en second plan, qu’elle soit l’oubliée de notre devise nationale dans un monde devenu de plus en plus individualiste.

Face à ce tumulte et en opposition à celles et ceux qui veulent nous diviser, interrogeons nous sur ce qui fait que chacun de nous est un tout indivisible non pas « à cause de » mais « grâce à » nos origines, notre culture, notre éducation, notre religion, nos préférences sexuelles, nos modes de vie et de consommation.

Interrogeons nous sur les différences qui doivent nous relier et non pas nous diviser.

La Fraternité est un combat. Assumons le collectivement.

« La fraternité a pour résultat de diminuer les inégalités tout en préservant ce qui est précieux dans la différence. » Albert Jacquard 

En 2021, immunisons nous collectivement grâce au vaccin de la solidarité

2020 s’achève. Nous sommes pressés de rentrer dans 2021 à grandes enjambées, d’oublier cette année si particulière qui porte en elle les stygmates d’un lourd bilan humain mais aussi les germes d’une crise sociale et économique qui se profile. Cette période aura aussi été un révélateur et un catalyseur du complostime nourrissant la défiance qui progressivement érode la démocratie.

La France n’a jamais été aussi féconde de ces « yaka fo kon », experts en tout et spécialistes en rien, médecins des plateaux de télévision, politiques, polémistes etc. qui s’indignent que tout ne vas pas assez vite pour, le lendemain craindre que trop ne soit fait. Certains en font leur terreau électoral alors que la période exigerait un sens des responsabilités au service de l’intérêt général.

Nous pourrions continuer à croire aux fadaises et autres galimatias de ces alchimistes en costume cravate écumant les plateaux télé, laissant croire que la fausse bonne solution est de leur côté et que le jugement suprême est arrivé et continuer à broyer du noir.

Mais nous pourrions surtout nous arrêter un instant, et songer à cette épreuve que nous avons franchi collectivement depuis le printemps dernier. Pour peu que nous soyons capable de laisser de côté un instant notre pessimisme savament entretenu par les charlatans, marabous et médias en tout genre, nous serons alors en capacité de mesurer notre capacité à vivre malgrè tout que cette épreuve nous a finallement apporté et donc l’espoir qu’elle porte en elle.

Sous l’effet du nécessaire confinement du printemps, le temps s’est subitement arrêté. Ce temps rythmé par notre quotidien effrené nous empêchant bien souvent de comprendre, écouter, sentir et voir le monde qui nous entoure. Pour beaucoup, cette parenthèse a été l’occasion de faire les diagnostics nécessaires sur des existences malmenées par le tumulte quotidien des réunions, des embouteillages. Nous nous sommes alors, par contrainte, réinterrogés sur nos modes de consommation, de vie, de déplacements, sur nos rapports à la familles et aux autres. Le confinement, au-delà de nous isoler, nous a pour la plupart consciemment ou inconsciemment permis d’atteindre les confins de territoires jusque là inexplorés : nos territoires individuels.

Touchés individuellement, nous avons ainsi pris conscience des autres. L’expression « prend soin de toi » à remplacer le « cordialement » dans nos échanges. La bienveillance a parfois repris le dessus sur la convenance.

D’un point de vue collectif, au quotidien des hommes et des femmes se sont mis aux service des plus démunis. Des réseaux d’entraides se sont organisés à l’échelle du voisin, d’un quartier, d’une ville.

Chacun a alors pris conscience de l’utilité des « invisibles » oeuvrant chaque jour dans les hopitaux, dans les services de collectes des ordures ménagères, à la caisse des supermarchés sans qui la continuité de la vie n’aurait pas été possible.

Cette crise aura aussi accéler d’autres évolutions. La digitalisation accélérée de nos modes de vie avec le télétravail, les réunions en visioconférences, le clique et collecte, les livraisons à domiciles. A côté de ces mutations de notre mode de vie, cette crise aura décuplé la prise de conscience sur la question écologique. Ne laissons pas de côté ces évolutions de société et ces prises de conscience lettre morte. Ne laissons pas en jachère des mutations positives possibles sur nos modes de vie que cette crise sanitaire nous a laissé apercevoir. Sachons transformer les contraintes en atouts.

C’est aussi la place et le rôle de l’Etat dont il est question. Avec ses imperfections, le « quoi qu’il en coûte » a permis de sauver nombre d’emploi, de secteurs d’activité. Nous avons tous redécouvert un état interventionniste au service du citoyen dans les domaines économique et social, l’Etat Providence.

Bien sûr que les dispositifs d’accompagnements ne sont pas parfaits, quel dispositif l’est d’ailleurs ? Mais ils sont sans précédents par la réactivité de leur mise en place ainsi que le volume des investissements (470 Milliards d’Euros de soutien pour soutenir les entreprises, les TPE/PME et les salariés). Certains diront que cela prouve que l’austérité est donc savament entretenue, d’autres diront que ce seront autant de dettes laissées à nos enfants …

Voyons y plutôt l’empreinte de ce qui a construit notre modèle social depuis des décennies fondé sur le principe de solidarité grâce à un Etat solide et un service public irremplaçable. Les services publics dont la santé, l’éducation n’ont pas failli face à la responsabilité et au choc du moment.

Le modèle français,unique au monde, né au lendemain de la seconde la guerre mondiale sous l’impulsion du Conseil National de la Résistance.

Prenons ainsi le temps pendant cette période de nous retourner sur cette année sombre pour y puiser les lueurs qui pourront éclairer le chemin de demain. Ces lueurs faites de sursaut et d’espoir. Le dernier espoir en date étant le vaccin. Fabuleux exploit de l’humanité qui, en moins d’un an, grâce à la recherche scientifique nous permet collectivement de voir la lumière au bout du tunnel.

Mais ce vaccin ne sera pas un remède à tout. Il ne sera pas un remède contre la crise économique et sociale qui se profile.

Notre capacité à agir collectivement, la continuation de notre empathie envers les plus fragiles, notre capacité à résister collectivement seront autant d’enseignements pour l’avenir.

Choisissons le loup que nous voulons nourrir.

Celui qui nous aidera à apporter de l’espoir, de l’amour, de la joie, de l’humanité, de la fraternité, de la bienveillance et de la solidarité.

Un vieux chef Cherokee a enseigné ceci sur sa vie à son petit fils :
– Il y a un grand combat qui se passe à l’intérieur de nous tous, lui dit- il. Et c’est un combat entre deux loups l’un est le mal, il est colère, l’envie, culpabilité, tristesse et ego, et l’autre est bon, il est joie, amour, espoir, vérité et foi.
Le petit fils demande :
– Quel est le loup qui gagnera ? 
Et le chef répondit :
– Celui que tu nourris.

La citoyenneté, un remède contre l’hystérisation

Dans un monde secoué par la crise sanitaire, notre pays n’a pas été épargné.

Ce moment n’a pas révélé, mais accéleré un processus de décomposition de la cohésion collective et d’effritement de la démocratie.

La violence verbale ou physique devient l’expression politique majoritaire mais aussi celle dans le champ des revendications. Pas une manifestation ne connaissant pas la violence et la casse. Notre société est minée par la radicalité.

La radicalité de la pensée, du propos et du geste.

Qu’il s’agisse de religion, de politique, de tenue vestimentaire, de pratique alimentaire etc. chacun veut imposer à l’autre ce qu’il est ou pense sans autre forme de débat que le procès d’intention accompagné souvent par le mépris de toute autre pensée.

Le drapeau de la communauté est brandit pour exiger « le droit à …. » sans pour autant s’interroger sur « le devoir à … » de tout à chacun en qualité de citoyen.

Lentement mais surement, la cohésion s’effiloche et vole en éclat. La République recule pas à pas jusqu’à en être réduite à ne devenir plus qu’un symbole ravivé le temps d’une commémoration, un deuil national ou une grande victoire sportive.

Progressivement, l’acte individuel ou celui d’une communauté fut elle groupusculaire, prennent progressivement le pas sur le citoyen et la valeur collective.

Seulement, il ne peut y avoir de cohésion sociale dans le respect de nos différences si la valeur individuelle prend le pas sur la valeur collective, sur ce qui fonde nation et concorde.

Dans le même temps, l’hystérisation sans doute catalysée par les réseaux sociaux, la tentation de parler cash, augmente encore plus cette archipelisation de notre société.

Certains représentants politiques ont même fait le pari d’une stratégie de l’hystérisation et de la violence verbale comme marqueur. Flatter les colères en laissant de côté le débat d’idée et les propositions. Les médias portent aussi leur part de responsabilité en invitant régulièrement sur les plateaux téléles artisans de la division contribuant ainsi à une zemmourisation des esprits.

En réalité derrière cette hystérisation, il y ceux qui monétisent la violence pour en tirer profit au fil de l’audimat et ceux l’électoralisent pour en tirer le pouvoir.

L’instant politique est fragile, comme suspendu, prêt à basculer vers le populisme qu’il soit d’extrème droite ou d’extrême gauche. Il repose sur une stratégie d’opposition entre « eux et nous » sur un clivage entre la classe dirigeante et le peuple. Il cultive le déni de réalité, le primat des émotions sur la raison, le mépris pour la science.

Mais ne nous y trompons pas, cette voie du populisme est une triple impasse : démocratique, sociale et économique.

Alors, et nous dans cette histoire ?

Que sommes nous capables d’apporter individuellement face aux maux de notre société que sont l’égo, la colère, le mépris, l’hystérisation ?

Sans doute cette capacité individuelle qui réside au fond de chacun de nous à faire preuve de civilité, de civisme et de solidarité afin que le droit qui nous est donné d’être citoyen se traduise en devoir.

Et la Fraternité, bordel !

Une drôle d’époque que celle que nous vivons.

Chacun y va de son diagnostic et pourtant personne ne semble trouver de solution.

Les fins de discussions se finissent souvent par un « D’accord mais après .. on fait quoi ? ». Question qui amène souvent à cette réponse « C’est compliqué ».

Les uns proposent la décroissance, d’autres la collapsologie, d’autres encore l’abolition du capitalisme et d’autres encore, le repli sur soi. Un florilège de solutions simplistes qui n’en sont pas.

Se pourrait il que nous soyons condamnés à errer de constats en constats sans jamais entrevoir ne serait ce que l’once d’une solution, passant d’une impasse à une autre ? Notre société, et plus particulièrement notre nation serait elle condamnée à assister impuissant à la montée en puissance de la défiance, à l’irruption de la violence, à la désagrégation de ce qui fonde nation et république ?

L’érosion de notre cohésion est manifeste et parfois (trop souvent même) alimentée par des élus qui pourtant ont le rôle et la responsabilité d’être les gardiens de la concorde nationale.

L’histoire a montré que les causes des crises sont souvent multiples. On peut dés lors penser que les remèdes seront eux aussi pluriels.

Seulement voilà, nous en sommes trop souvent réduit à attendre la personne providentielle qui a elle seule, et seulement par sa présence, permettra à notre société de surmonter ses maux, ses crises. C’est pourtant oublier que la personne providentielle n’existe pas. Et fort heureusement ! Cela laisse encore et toujours le champ libre à l’addition des forces individuelles que nous sommes les uns et les autres et à un potentiel infini de regroupement en collectifs aussi divers que variés.

Face au mal qui ronge progressivement nos démocratie et laisse ainsi peu à peu la place aux discours simplistes et populistes, face à cette fissuration des communautés entretenue par certains « aux petits pieds » pour des visées électoralistes de court terme, il importe de rappeler avec urgence les valeurs de la citoyenneté que sont le civisme, la civilité et la solidarité.

Et qui mieux que le monde associatif permet d’être à la fois l’artisan et le ciment de cette citoyenneté ? Il faut dés lors redonner des moyens concret à l’acte de bénévolat et recoudre le lien d’une citoyenneté active. Nous sommes en effet chacun une partie de la solution.

Les associations jouent en effet un rôle considérable dans le maintien de la cohésion et du lien social. Il y a plus de 20 millions de français et françaises regroupés au sein d’associations se déclarant bénévoles. En France, le nombre d’associations recensé par l’INJEP est d’environ 1,50 millions. Ce sont 1,8 millions d’emplois concernés. Entre 2011 et 2017 se sont crée plus de 25 000 associations par an. Ce chiffre ne fait que démontrer la vitalité du tissu associatif et sa nécessité.

Assister à une distribution organisée par des associations caritatives (restos du cœur, Petits frères des pauvres, etc..) permet instantannément de prendre la mesure du désastre humain qui s’ensuivrait si ces associations n’existaient plus.

De même, il convient de prendre la mesure de l’importance des associations d’aides au devoirs, de sports, de loisirs et d’arts créatif etc. Ces associations regroupent des millions de bénévoles qui concourent quotidiennement à forger des citoyens par l’apprentissage de la solidarité, de la civilité, du partage et de l’entre aide, c’est-à-dire de la citoyenneté.

le copain Karim, animateur à ACEM quartier Branly Boissière.

C’est pas beau cette joie des enfants ?

La crise sanitaire a mis un coup d’arrêt au déploiement de bon nombre de décisions politiques. Des mesures de crises et d’urgence ont légitimement été prises. Puisse venir le temps où, au sortir de cette crise, une politique dotée de moyens soit relancée pour le secteur associatif. Aux côtés de l’Etat, les communes ont aussi un rôle à jouer par le biais des subventions pour consolider l’action associative. Au sortir de cette crise, des moyens importants seront à envisager à destination des associations.

La complexité des des organisations et des circuits de décisions, alliée à la disparation progressive de la puissance publique dans certains quartiers, a progressivement rendu vital la présence des associations, ces organisations à hauteur d’hommes et de femmes. Le rôle des associations en faveur de l’insertion, de l’accompagnement des personnes isolées, des personnes handicapées etc n’en a été alors rendu que plus nécessaire.

Notre modèle de société ne sera préservé que si et seulement si la fraternité est renforcée.

Et qui mieux que les associations est le vecteur de cette fraternité ?

En renforçant et donnant à la fraternité les moyens d’agir, ce sont tous les maillons de la chaîne de solidarité qui seront renforcés, seule levier capable de de lutter contre la violence sociale, la précarité et l’exclusion. Le pilier républicain de la fraternité n’est pas des moindre car sans fraternité, point de liberté et point d’égalité.

A la question « on fait quoi ? », Il existe déjà une solution. Celle qui consiste à s’engager individuellement en venant apporter sa pierre à l’édifice collectif. C’est peut être ainsi que progressivement, les uns à côté des autres, nous serons capables de résister. Non pas seulement pour nous, mais aussi pour les autres .. les plus fragiles, les plus précaires, les plus exclus.

Lien vers le site associations Ville de Montreuil : https://www.montreuil.fr/vie-associative/annuaire-des-associations

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑