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En 2021, immunisons nous collectivement grâce au vaccin de la solidarité

2020 s’achève. Nous sommes pressés de rentrer dans 2021 à grandes enjambées, d’oublier cette année si particulière qui porte en elle les stygmates d’un lourd bilan humain mais aussi les germes d’une crise sociale et économique qui se profile. Cette période aura aussi été un révélateur et un catalyseur du complostime nourrissant la défiance qui progressivement érode la démocratie.

La France n’a jamais été aussi féconde de ces « yaka fo kon », experts en tout et spécialistes en rien, médecins des plateaux de télévision, politiques, polémistes etc. qui s’indignent que tout ne vas pas assez vite pour, le lendemain craindre que trop ne soit fait. Certains en font leur terreau électoral alors que la période exigerait un sens des responsabilités au service de l’intérêt général.

Nous pourrions continuer à croire aux fadaises et autres galimatias de ces alchimistes en costume cravate écumant les plateaux télé, laissant croire que la fausse bonne solution est de leur côté et que le jugement suprême est arrivé et continuer à broyer du noir.

Mais nous pourrions surtout nous arrêter un instant, et songer à cette épreuve que nous avons franchi collectivement depuis le printemps dernier. Pour peu que nous soyons capable de laisser de côté un instant notre pessimisme savament entretenu par les charlatans, marabous et médias en tout genre, nous serons alors en capacité de mesurer notre capacité à vivre malgrè tout que cette épreuve nous a finallement apporté et donc l’espoir qu’elle porte en elle.

Sous l’effet du nécessaire confinement du printemps, le temps s’est subitement arrêté. Ce temps rythmé par notre quotidien effrené nous empêchant bien souvent de comprendre, écouter, sentir et voir le monde qui nous entoure. Pour beaucoup, cette parenthèse a été l’occasion de faire les diagnostics nécessaires sur des existences malmenées par le tumulte quotidien des réunions, des embouteillages. Nous nous sommes alors, par contrainte, réinterrogés sur nos modes de consommation, de vie, de déplacements, sur nos rapports à la familles et aux autres. Le confinement, au-delà de nous isoler, nous a pour la plupart consciemment ou inconsciemment permis d’atteindre les confins de territoires jusque là inexplorés : nos territoires individuels.

Touchés individuellement, nous avons ainsi pris conscience des autres. L’expression « prend soin de toi » à remplacer le « cordialement » dans nos échanges. La bienveillance a parfois repris le dessus sur la convenance.

D’un point de vue collectif, au quotidien des hommes et des femmes se sont mis aux service des plus démunis. Des réseaux d’entraides se sont organisés à l’échelle du voisin, d’un quartier, d’une ville.

Chacun a alors pris conscience de l’utilité des « invisibles » oeuvrant chaque jour dans les hopitaux, dans les services de collectes des ordures ménagères, à la caisse des supermarchés sans qui la continuité de la vie n’aurait pas été possible.

Cette crise aura aussi accéler d’autres évolutions. La digitalisation accélérée de nos modes de vie avec le télétravail, les réunions en visioconférences, le clique et collecte, les livraisons à domiciles. A côté de ces mutations de notre mode de vie, cette crise aura décuplé la prise de conscience sur la question écologique. Ne laissons pas de côté ces évolutions de société et ces prises de conscience lettre morte. Ne laissons pas en jachère des mutations positives possibles sur nos modes de vie que cette crise sanitaire nous a laissé apercevoir. Sachons transformer les contraintes en atouts.

C’est aussi la place et le rôle de l’Etat dont il est question. Avec ses imperfections, le « quoi qu’il en coûte » a permis de sauver nombre d’emploi, de secteurs d’activité. Nous avons tous redécouvert un état interventionniste au service du citoyen dans les domaines économique et social, l’Etat Providence.

Bien sûr que les dispositifs d’accompagnements ne sont pas parfaits, quel dispositif l’est d’ailleurs ? Mais ils sont sans précédents par la réactivité de leur mise en place ainsi que le volume des investissements (470 Milliards d’Euros de soutien pour soutenir les entreprises, les TPE/PME et les salariés). Certains diront que cela prouve que l’austérité est donc savament entretenue, d’autres diront que ce seront autant de dettes laissées à nos enfants …

Voyons y plutôt l’empreinte de ce qui a construit notre modèle social depuis des décennies fondé sur le principe de solidarité grâce à un Etat solide et un service public irremplaçable. Les services publics dont la santé, l’éducation n’ont pas failli face à la responsabilité et au choc du moment.

Le modèle français,unique au monde, né au lendemain de la seconde la guerre mondiale sous l’impulsion du Conseil National de la Résistance.

Prenons ainsi le temps pendant cette période de nous retourner sur cette année sombre pour y puiser les lueurs qui pourront éclairer le chemin de demain. Ces lueurs faites de sursaut et d’espoir. Le dernier espoir en date étant le vaccin. Fabuleux exploit de l’humanité qui, en moins d’un an, grâce à la recherche scientifique nous permet collectivement de voir la lumière au bout du tunnel.

Mais ce vaccin ne sera pas un remède à tout. Il ne sera pas un remède contre la crise économique et sociale qui se profile.

Notre capacité à agir collectivement, la continuation de notre empathie envers les plus fragiles, notre capacité à résister collectivement seront autant d’enseignements pour l’avenir.

Choisissons le loup que nous voulons nourrir.

Celui qui nous aidera à apporter de l’espoir, de l’amour, de la joie, de l’humanité, de la fraternité, de la bienveillance et de la solidarité.

Un vieux chef Cherokee a enseigné ceci sur sa vie à son petit fils :
– Il y a un grand combat qui se passe à l’intérieur de nous tous, lui dit- il. Et c’est un combat entre deux loups l’un est le mal, il est colère, l’envie, culpabilité, tristesse et ego, et l’autre est bon, il est joie, amour, espoir, vérité et foi.
Le petit fils demande :
– Quel est le loup qui gagnera ? 
Et le chef répondit :
– Celui que tu nourris.

La citoyenneté, un remède contre l’hystérisation

Dans un monde secoué par la crise sanitaire, notre pays n’a pas été épargné.

Ce moment n’a pas révélé, mais accéleré un processus de décomposition de la cohésion collective et d’effritement de la démocratie.

La violence verbale ou physique devient l’expression politique majoritaire mais aussi celle dans le champ des revendications. Pas une manifestation ne connaissant pas la violence et la casse. Notre société est minée par la radicalité.

La radicalité de la pensée, du propos et du geste.

Qu’il s’agisse de religion, de politique, de tenue vestimentaire, de pratique alimentaire etc. chacun veut imposer à l’autre ce qu’il est ou pense sans autre forme de débat que le procès d’intention accompagné souvent par le mépris de toute autre pensée.

Le drapeau de la communauté est brandit pour exiger « le droit à …. » sans pour autant s’interroger sur « le devoir à … » de tout à chacun en qualité de citoyen.

Lentement mais surement, la cohésion s’effiloche et vole en éclat. La République recule pas à pas jusqu’à en être réduite à ne devenir plus qu’un symbole ravivé le temps d’une commémoration, un deuil national ou une grande victoire sportive.

Progressivement, l’acte individuel ou celui d’une communauté fut elle groupusculaire, prennent progressivement le pas sur le citoyen et la valeur collective.

Seulement, il ne peut y avoir de cohésion sociale dans le respect de nos différences si la valeur individuelle prend le pas sur la valeur collective, sur ce qui fonde nation et concorde.

Dans le même temps, l’hystérisation sans doute catalysée par les réseaux sociaux, la tentation de parler cash, augmente encore plus cette archipelisation de notre société.

Certains représentants politiques ont même fait le pari d’une stratégie de l’hystérisation et de la violence verbale comme marqueur. Flatter les colères en laissant de côté le débat d’idée et les propositions. Les médias portent aussi leur part de responsabilité en invitant régulièrement sur les plateaux téléles artisans de la division contribuant ainsi à une zemmourisation des esprits.

En réalité derrière cette hystérisation, il y ceux qui monétisent la violence pour en tirer profit au fil de l’audimat et ceux l’électoralisent pour en tirer le pouvoir.

L’instant politique est fragile, comme suspendu, prêt à basculer vers le populisme qu’il soit d’extrème droite ou d’extrême gauche. Il repose sur une stratégie d’opposition entre « eux et nous » sur un clivage entre la classe dirigeante et le peuple. Il cultive le déni de réalité, le primat des émotions sur la raison, le mépris pour la science.

Mais ne nous y trompons pas, cette voie du populisme est une triple impasse : démocratique, sociale et économique.

Alors, et nous dans cette histoire ?

Que sommes nous capables d’apporter individuellement face aux maux de notre société que sont l’égo, la colère, le mépris, l’hystérisation ?

Sans doute cette capacité individuelle qui réside au fond de chacun de nous à faire preuve de civilité, de civisme et de solidarité afin que le droit qui nous est donné d’être citoyen se traduise en devoir.

Et la Fraternité, bordel !

Une drôle d’époque que celle que nous vivons.

Chacun y va de son diagnostic et pourtant personne ne semble trouver de solution.

Les fins de discussions se finissent souvent par un « D’accord mais après .. on fait quoi ? ». Question qui amène souvent à cette réponse « C’est compliqué ».

Les uns proposent la décroissance, d’autres la collapsologie, d’autres encore l’abolition du capitalisme et d’autres encore, le repli sur soi. Un florilège de solutions simplistes qui n’en sont pas.

Se pourrait il que nous soyons condamnés à errer de constats en constats sans jamais entrevoir ne serait ce que l’once d’une solution, passant d’une impasse à une autre ? Notre société, et plus particulièrement notre nation serait elle condamnée à assister impuissant à la montée en puissance de la défiance, à l’irruption de la violence, à la désagrégation de ce qui fonde nation et république ?

L’érosion de notre cohésion est manifeste et parfois (trop souvent même) alimentée par des élus qui pourtant ont le rôle et la responsabilité d’être les gardiens de la concorde nationale.

L’histoire a montré que les causes des crises sont souvent multiples. On peut dés lors penser que les remèdes seront eux aussi pluriels.

Seulement voilà, nous en sommes trop souvent réduit à attendre la personne providentielle qui a elle seule, et seulement par sa présence, permettra à notre société de surmonter ses maux, ses crises. C’est pourtant oublier que la personne providentielle n’existe pas. Et fort heureusement ! Cela laisse encore et toujours le champ libre à l’addition des forces individuelles que nous sommes les uns et les autres et à un potentiel infini de regroupement en collectifs aussi divers que variés.

Face au mal qui ronge progressivement nos démocratie et laisse ainsi peu à peu la place aux discours simplistes et populistes, face à cette fissuration des communautés entretenue par certains « aux petits pieds » pour des visées électoralistes de court terme, il importe de rappeler avec urgence les valeurs de la citoyenneté que sont le civisme, la civilité et la solidarité.

Et qui mieux que le monde associatif permet d’être à la fois l’artisan et le ciment de cette citoyenneté ? Il faut dés lors redonner des moyens concret à l’acte de bénévolat et recoudre le lien d’une citoyenneté active. Nous sommes en effet chacun une partie de la solution.

Les associations jouent en effet un rôle considérable dans le maintien de la cohésion et du lien social. Il y a plus de 20 millions de français et françaises regroupés au sein d’associations se déclarant bénévoles. En France, le nombre d’associations recensé par l’INJEP est d’environ 1,50 millions. Ce sont 1,8 millions d’emplois concernés. Entre 2011 et 2017 se sont crée plus de 25 000 associations par an. Ce chiffre ne fait que démontrer la vitalité du tissu associatif et sa nécessité.

Assister à une distribution organisée par des associations caritatives (restos du cœur, Petits frères des pauvres, etc..) permet instantannément de prendre la mesure du désastre humain qui s’ensuivrait si ces associations n’existaient plus.

De même, il convient de prendre la mesure de l’importance des associations d’aides au devoirs, de sports, de loisirs et d’arts créatif etc. Ces associations regroupent des millions de bénévoles qui concourent quotidiennement à forger des citoyens par l’apprentissage de la solidarité, de la civilité, du partage et de l’entre aide, c’est-à-dire de la citoyenneté.

le copain Karim, animateur à ACEM quartier Branly Boissière.

C’est pas beau cette joie des enfants ?

La crise sanitaire a mis un coup d’arrêt au déploiement de bon nombre de décisions politiques. Des mesures de crises et d’urgence ont légitimement été prises. Puisse venir le temps où, au sortir de cette crise, une politique dotée de moyens soit relancée pour le secteur associatif. Aux côtés de l’Etat, les communes ont aussi un rôle à jouer par le biais des subventions pour consolider l’action associative. Au sortir de cette crise, des moyens importants seront à envisager à destination des associations.

La complexité des des organisations et des circuits de décisions, alliée à la disparation progressive de la puissance publique dans certains quartiers, a progressivement rendu vital la présence des associations, ces organisations à hauteur d’hommes et de femmes. Le rôle des associations en faveur de l’insertion, de l’accompagnement des personnes isolées, des personnes handicapées etc n’en a été alors rendu que plus nécessaire.

Notre modèle de société ne sera préservé que si et seulement si la fraternité est renforcée.

Et qui mieux que les associations est le vecteur de cette fraternité ?

En renforçant et donnant à la fraternité les moyens d’agir, ce sont tous les maillons de la chaîne de solidarité qui seront renforcés, seule levier capable de de lutter contre la violence sociale, la précarité et l’exclusion. Le pilier républicain de la fraternité n’est pas des moindre car sans fraternité, point de liberté et point d’égalité.

A la question « on fait quoi ? », Il existe déjà une solution. Celle qui consiste à s’engager individuellement en venant apporter sa pierre à l’édifice collectif. C’est peut être ainsi que progressivement, les uns à côté des autres, nous serons capables de résister. Non pas seulement pour nous, mais aussi pour les autres .. les plus fragiles, les plus précaires, les plus exclus.

Lien vers le site associations Ville de Montreuil : https://www.montreuil.fr/vie-associative/annuaire-des-associations

Branly Boissière, mon quartier, mes racines

L’usage du mot Boissière est très courant en France, notamment en Languedoc et en Normandie, c’est un toponyme désignant un lieu abondant en buis. … C’est un toponyme désignant une élévation de terrain, une petite colline (dérivé de l’occitan bonha = bosse).

Appellation pertinente pour ce quartier dont le point le plus haut culmine à 66m d’altitude.

L’autre partie du nom de ce quartier reste plus floue. Sans doute héritée du célèbre Physicien Edouard Branly qui n’est autre que l’inventeur de la TSF. En tout cas, je peux témoigner qu’en 1916 lors de l’installation de mes arrières grands parents à Montreuil, la rue Edouard Branly existait déjà.

L’histoire (bien modeste) de la famille MONTARON à Montreuil débute vers 1916-20, , lorsque Pierre MONTARON, agriculteur en Bourgogne arrive à Montreuil, contraint de partir de sa région natale à cause du chômage et de la crise économique qui suivie la fin de la première guerre mondiale. La famille MONTARON sans nul doute originaire dans des temps reculés de la commune MONTARON dans la Nièvre.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Montaron

C’est sur Montreuil, lors d’un bal populaire guinguette qu’il rencontre Léonie Hortense MOLECOT elle même née à Anost en Saöne et Loire en 1891. Ils décident de se marier au début du 20ème siècle et ont un fils Marcel (mon grand père paternel).

L’histoire de la famille est on peut le constater très intimement liée à la Bourgogne et au terroir Français. Est ce bien ? est ce mal ? en tout cas c’est ainsi.

Ensemble, ils font l’acquisition d’un bout de parcelle rue Edouard Branly (cadastrée E123 cis 204 rue Branly actuellement mais dénommé rue Boissière en 1926) et se lance dans la construction de ce qui devait être une partie de la maison familiale d’aujourd’hui.

Il font plus tard en 1945 l’acquisition de la parcelle mitoyenne E143 auprès de Louis Charles VOLIET.

C’est lorsque Marcel Emile MONTARON, le seul fils de Pierre et Léonie, construit une extension sur la côté sud dans les années 40-50, que la maison prend sa configuration actuelle et que le regroupement des parcelles prend le numéro 202 bis.

Marcel MONTARON ayant rencontré Lucie MONFORT dans les années 30, ils décidèrent de leur union en 1932 à l’église de Saint Maurice de la Boissière.

Eglise Saint Maurice de la Boissière vers …….. 1940 ?

Plus tard, Lucie posséda même une épicerie au coin de la rue Branly et du Boulevard de la Boissière dans les années 50/60. Mon grand père, Pierre étant peintre en bâtiment. Autant vous dire que les frigos étaient souvent vides au milieu du mois.

Echoppe de ma grand mère Lucie MONTFORT au 210 Bld Boissière
le 210 Bld Boissière en 2020

Pour poursuivre rapidement, c’est en 1941 que nait mon Oncle Jean Paul et en 1946 que nait mon père Christian.

En 1968, au décès de ma grand mère paternel Lucie MONTARON née MONFORT, mon père Christian et mon oncle Jean Paul (lui même décédé en 2016) héritent de l’ensemble des biens.

Une histoire pas simple non plus faite de privations. en effet, au décès de mon grand père (Marcel) en 1955, mon oncle Jean Paul – alors âgé de 14 ans – devient soutien de famille et doit alors arrêter ses études pour aller travailler et subvenir au besoin du foyer constitué alors par ma grand mère Lucie et mon père Christian (alors âgé de 6 ans). De même, après son certificat d’étude, à l’âge de 14 ans, mon père Christian doit lui même travailler pour subvenir aux besoins du foyer. Des destins brisés pour des enfants pourtant brillants qui étaient inscrits à l’école Boissière. Toute sa vie, mon père gardera profonde cette blessure provoquée par l’injustice de la vie, lui pourtant si brillant à l’école et destiné aux études supérieures, et malgré tout obligé d’arrêter l’école.

L’histoire continue aujourd’hui puisque moi même je suis né le 15 septembre 1975 à l’hôpital André Grégoire et ai toujours vécu au 202 bis Branly qui accueille aujourd’hui mes 3 enfants.

Cinq générations de MONTARON peuple donc depuis 1926 le 202 bis rue Branly.

Entendons nous bien, cela ne fait pas de moi « un meilleur montreuillois » que d’autres. Non, mais cela fait fait de moi un montreuillois attaché à sa commune ne serait ce que parce qu’une partie de l’histoire de ma famille réside à Montreuil.

cartes municipalités communistes années 40/50

Mes racines sont à Montreuil vous l’aurez compris. Des racines à la fois paysannes, ouvrières et urbaines. Vous l’aurez compris je ne suis pas né avec une cuillère en argent. (Je dois même préciser que je suis le seul MONTARON à avoir eu son bac et à avoir fait des études supérieures).

Voilà une partie de mon histoire (l’autre partie de ma famille, du côté de ma mère étant un héritage différent puisqu’il s’agit d’une famille « Pieds noirs » …. un autre pan de l’histoire de france …).

Ce mélange de deux terroirs Français qui ont au cours de l’histoire de France souvent marqué leur indépendance à la couronne royale d’alors. Peut être est ce de là que vient mon caractère ?

Mais surtout, et plus sérieusement, je me plais à rappeler que moi même finalement je suis le produit d’une certaine forme d’immigration francilienne. Car n’oublions qu’avant guerre et un peu après, Paris et sa banlieue fut aussi peuplée grâce à l’arrivée de ces provinciaux obligés de quitter leur terre natale à cause du chômage.

Je suis donc un héritier de de cette France laborieuse, paysanne et ouvrière à la fois, laïque et socialiste par mon arrière grand père Pierre et bigote par ma grand mère Lucie bretonne de naissance. J’aime faire référence à Don Camillo et Peponne lorsque je pense à cette France d’avant.

« Cette France du granit qui produit le curé et cette France du calcaire qui produit l’instituteur ».

Pourquoi avoir saisi ces quelques mots ? Sans nul doute pour rendre hommage à la mémoire de mes aïeuls et tenter de contribuer à ce qu’elle ne s’efface pas.

D’où que nous venons nous ne devons jamais oublier nos racines car ce sont elles qui font ce que nous sommes.

A Montreuil, quand la laïcité devient courtier du culte

La déclaration de cet édile, (sic « L’article 1 de la loi de 1905 nous oblige à garantir le libre exercice du culte ») associé à l’acte de préemption tenté par la municipalité de Montreuil (débouté par le tribunal par ailleurs) doit nous rappeler que si la République garantit certes le libre exercice des cultes, ce n’est pas autant que la République doit favoriser par un quelconque moyen financier l’exercice du culte. L’Etat ne subventionne en effet aucun culte.

Rappelons quelques éléments essentiels de la loi de 1905.

 » La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes (…). « .

« les collectivités publiques peuvent seulement financer les dépenses d’entretien et de conservation des édifices servant à l’exercice public d’un culte dont elles sont demeurées ou devenues propriétaires lors de la séparation des Eglises et de l’Etat ou accorder des concours aux associations cultuelles pour des travaux de réparation d’édifices cultuels et qu’il leur est interdit d’apporter une aide à l’exercice d’un culte« .

De la part d’un élu de la République, sortir de son contexte et de manière seulement partielle l’article 1 de la loi de 1905 c’est, soit faire preuve de cécité malencontreuse, soit faire preuve d’une volonté de brouiller les cartes. Peut être est ce un mélange des deux ..?

Concernant le moyen, c’est à dire l’acte de préemption décidé par la Mairie, je ne commenterais pas le litige financier qui oppose les vendeurs et la municipalité car vous l’aurez compris, ce n’est pas l’objet de cet article et, ce point ne doit pas être un écran de fumée destiné à masquer le véritable fond de l’affaire qui est la manière dont certaines municipalité interprètent les principes de laïcité.

En effet, au travers d’une préemption, la municipalité prend la décision d’acquérir un terrain pour ensuite le revendre à une association. Mais cet acte administratif (la préemption) n’induit pas autre chose que l’utilisation de fonds publics dont du denier public.

Nous rappelons que juridiquement « Un droit de préemption est un droit légal ou contractuel accordé à des personnes privées ou publiques d’acquérir un bien par priorité à toute autre personne et ce lorsque le propriétaire manifeste sa volonté de le vendre. ».

Il s’agit donc bien d’un mécanisme administratif et juridique impliquant notamment l’utilisation de deniers, en l’occurrence public. La qualification en espèce d’une processus de financement du culte, même indirect, n’aura donc échappé à personne.

La confusion est d’autant plus forte que l’élu emploie les termes « d’équipements publics et d’intérêt général » pour qualifier le projet d’extension de locaux de la mosquée . Encore une fois, c’est jouer sur les mots (les maux aussi ..) et le juge ne s’y est pas trompé :

 » ni l’extension d’un édifice cultuel ni celle du parking réservé aux fidèles ne sauraient constituer la réalisation d’un équipement collectif « , qu’il n’apparaît pas que  » les salles de classe et de conférence ainsi que la bibliothèque ne seront pas affectées à un établissement d’enseignement supérieur  » et qu’  » en conséquence, aucune des opérations envisagées ne constitue une opération d’aménagement au sens de l’article L. 300-1 du code de l’urbanisme « .

Lien vers le jugement du CAA versailles 10 cotobre 2020

.https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000042400812?tab_selection=cetat&searchField=ALL&query=montreuil+mosqu%C3%A9e&page=1&init=true&dateDecision=

Depuis, l’élu a déclaré publiquement : « Depuis l’article du Parisien, parce qu’il s’agit d’une mosquée, je reçois des messages inacceptables et contraires aux valeurs de la République » (sic G le Chequer).

Non, Monsieur, c’est votre déclaration qui est inacceptable car elle tente de jeter un discrédit sur celles et ceux qui, au nom du principe de laïcité et de la république, ne soutiennent pas ce projet. Il ne s’agit nullement de défendre la laïcité en réaction contre une communauté particulière (en l’occurrence la communauté musulmane) comme vous tentez de le faire croire. Il s’agit de rappeler de manière intrinsèque les principes de la laïcité dont vous êtes un émissaire, plus que tout autre citoyen à cause de votre mandat d’élu de la République. Rien de plus, rien de moins.

Bien évidement, vous l’aurez compris, la stratégie est simple : accuser d’islamophobie les défenseurs de la laïcité, les accuser sur les réseaux sociaux d’être d’extrême droites et racistes aux fins de les stigmatiser et discréditer leur position. Créer ainsi un amalgame. La ficelle est grosse. Et si on suit ce raisonnement jusqu’au bout de l’absurde, alors pourquoi la municipalité de Montreuil ne porte t’elle pas plainte contre le juge pour racisme non plus ?

En revanche, on est en droit de s’interroger sur les motifs qui pousse depuis maintenant 2006 (projet initié par Jean Pierre Brard alors) la municipalité à défendre ce projet et à aller jusqu’au conseil d’état en appel du CAA de Versailles à grand frais d’honoraires d’avocat (financés par le denier public eux aussi).